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88 jours de ferme – Fruitpicking à Loxton

Temp de lecture approximatif : 7 minutes et 59 secondes

L’épisode 3 de nos 88 jours de ferme aurait aussi pu s’appeler « Les citrons ne tombent pas des arbres tout seuls » ou encore « Vis ma vie d’ouvrier chinois à la ferme », mais le premier titre était trop long et pas forcément clair, le second pas assez politiquement correct… 😉
Mais, tu l’auras compris, ça y est, nous avons du travail à la ferme pour obtenir notre second visa. On va cueillir des citrons. On a mis 2 petites semaines pour trouver ce job et on commence demain !

Fruitpicking à Loxton : État d’esprit…

Nous sommes début mai, l’hiver arrive. Il ne pleut pas, mais il fait un peu froid, il y a du vent et des nuages.
Le sentiment en se levant le matin est un peu le même que celui que j’avais à la rentrée des classes en septembre. J’ai presque l’odeur de l’automne et des feuilles mortes dans le nez. Il ne manque que l’odeur de vieux livre de la prof de géo pour faire un come-back 15 ans en arrière…

C’est donc la fin des vacances, de nouveaux professeurs, une nouvelle classe… Mais surtout cette obligation à recommencer à faire des choses qu’on n’a pas vraiment envie de faire, mais qu’on doit faire parce que c’est la vie…
Tu l’auras compris, la motivation n’est pas à son maximum. Il faut qu’on y passe si on veut notre second visa, mais, franchement, qui serait enchanté à l’idée de ramasser des fruits 8 heures par jour pour un salaire de misère ?
Mais, trêve de pensée inutile, on a déjà vu pire, alors « GO FOR IT ! » 😉

Fruitpicking à Loxton : Introduction

On se concentre sur l’idée qu’on pourra rester un an de plus dans ce magnifique pays, on prend un café, on parle d’autre chose (on essaye) et on est parti !
On est déterminé à remplir ces satanés « bins », ou au moins on va essayer de le faire.
C’est vrai que je ne l’ai peut-être pas encore dit dans cet article, mais le fruitpicking en Australie est bien souvent payé au rendement, à la quantité. Si tu ramasses rapidement, tu gagnes beaucoup d’argent… Mais d’après la rumeur, s’il y a beaucoup de travailleurs, il n’y en a pas beaucoup de riche !

Fruitpicking à Loxton : Premières impressions, premières consignes

En arrivant à l’entrepôt, on nous donne notre équipement. Les gants (parce que les citrons ont été pulvérisés) et notre sac de picking. On nous dit aussi de mettre des manches longues parce que les arbres à citron ont de grosses épines.
On reprend un café le temps de remplir les papiers nécessaires et on part sur le champ.
Là, on nous montre le type de citron que nous devons ramasser. C’est le début de la saison, ils ne sont pas encore tous mûrs. Il faudra être sélectif.
La consigne est :
– s’ils sont bien jaunes, ils peuvent être petits, mais pas trop quand même.
– S’ils sont assez gros, ils peuvent être verts, mais pas trop…
Le dire, c’est facile, les reconnaître, c’est autre chose !
En gros, ces instructions, c’est le temps que tu comprennes à quelle sauce tu vas être mangé, tu n’imagines pas encore vraiment le goût que ça aura, mais ça ne sent pas bon…

Donc on se dirige vers le réfectoire… euh, je veux dire les arbres et les hostilités commencent.
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Fruitpicking à Loxton, tout un équipement

Le fameux sac de picking est une sorte de poche kangourou. Il est ouvert sur le dessous. On le referme avec un mousqueton après l’avoir plié.
On le porte sur le ventre, à l’avant.
Le système est ingénieux, mais pas toujours pratique. On remarque vite que lorsqu’on est accroupi en dessous de l’arbre, quelques citrons ont facilement tendance à se faire la malle par les côtés. Après 1 heure, ce n’est plus qu’un (petit) détail…
Pour être plus rapide et ramasser le plus de fruits possible (je te rappelle qu’on est payé à la quantité qu’on ramasse), on ne le vide que quand c’est vraiment nécessaire.
Donc, au fur et à mesure que le temps passe, il paraît de plus en plus lourd… même quand il est à peine rempli…

Fruitpicking à Loxton, tout un art

Toute la matinée, nous nous sommes donc faufilés entre les branches (remplie de leurs longues épines), pour ramasser les citrons assez jaunes et pas trop petits.
Ce qui après avoir fait quatre arbres, vu plus de 1000 citrons, ne te parle plus du tout…

Pour ne pas abimer l’arbre en détachant les citrons, il faut tourner légèrement la bête, avant de donner un léger coup de poignet pour la décrocher. Ça, c’est la théorie.
En pratique, soit ils ne se décrochent pas correctement, soit tu arraches 2-3 feuilles (si pas un morceau de branche) ou pire, tu arraches carrément un bout de peau à l’animal… Le champ de bataille est d’autant plus sanglant que pour être plus rapide, tu détaches le plus de citrons possible à la fois et tu remplis tes mains autant que tu peux…
Une partie du jeu est donc aussi de masquer le mieux possible les branches, feuilles et citrons abimés…
L’avantage de notre travail, comparé à ce qu’on a entendu des pommes, fraises, cerises et autres fruits fragiles, c’est qu’on peut jeter les citrons dans le sac puis dans la bin sans risquer de les abimer.
C’est déjà une bonne chose.
Cela dit, apparemment Émilie se débrouille plutôt bien, puisque le patron la félicitera plusieurs fois d’une tape sur l’épaule accompagnée d’un petit « Good girl ».

Fruitpicking à Loxton, un travail où tu ne vois pas la fin !

Le second jour, le patron nous annonce que nous serons payés à l’heure pour cette partie du travail. Il veut être certain que le travail est fait de façon minutieuse et propre. C’est une maigre compensation quand on regarde nos bras griffés et mangés par l’acidité des citrons. Sans même parler du dos qui est dans le même état qu’après le déménagement d’une école de piano, depuis le cinquième étage d’un immeuble sans ascenseur.

On repasse dans les arbres dans lesquels nous sommes passés hier pour reprendre les citrons mûrs. Ça sent toujours bon le citron, mais je ne vois toujours pas ceux qui sont assez gros et pas trop verts. Je ne dois probablement pas avoir le sens du citron :-D…
Du coup, je ramasse les plus jaunes, les plus gros et je vide mon sac juste avant Émilie. Comme ça, ses citrons sont au-dessus et puisqu’elle est une « good girls », je me dis que ça passera… 😀

Après 4 jours, nos corps crient qu’ils ont 30 ans et qu’ils se sentent vieux… Le mien supporte plus ou moins la torture qu’on lui impose. Pour Émilie, c’est carrément l’enfer.
Et pourtant, ces premières journées n’ont pas été trop longues puisque nous n’avons fait que 4 à 6 heures de travail par jour.
On est certains d’une chose, les 3 mois vont être longs !

Fruitpicking à Loxton : le campement, la rivière, la pêche

Il y a plusieurs freecamps à Loxton, nous les avons tous testés. Ils sont tous propres, grands et en bord de rivière. Ce qui change, c’est l’accès, la facilité à trouver un terrain plat ou parquer notre maison et simplement le feeling avec le lieu.
20161009-88jours-de-ferme-fruitpicking-a-loxton03Nous sommes finalement revenus au premier que nous avions essayé, le plus proche de la ville. Il se situe à une vingtaine de minutes du champ.
Et le poisson mord plus souvent ! 🙂
20161009-88jours-de-ferme-fruitpicking-a-loxton04Une nuit au camping nous a fourni le code d’accès aux douches, ce qui nous permet de nous débarbouiller de temps en temps. On a donc tout ce qu’il nous faut.
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Fruitpicking à Loxton : l’arrivée de Greg le hitchhiker

Greg le hitchhiker (que nous avons rencontré sur la Great Ocean Road) est venu nous rejoindre. On avait gardé contact et il a encore besoin de quelques jours de travail à la ferme pour son second visa. Nous lui avons donc parlé de la saison des citrons et ça pourrait le dépanner.
20161009-88jours-de-ferme-fruitpicking-a-loxton07Il a posé sa tente pas loin de nous, ce qui améliore nos fraiches soirées. C’est toujours chouette d’avoir de la compagnie, d’autant plus quand elle est agréable !
20161009-88jours-de-ferme-fruitpicking-a-loxton08 En plus, il a trouvé des verres de terres pour appâter les poissons, dans un magasin, sur la route. C’est beaucoup plus efficace que le pain, le jambon et le maïs qu’on essaye depuis Renmark…

Mais Greg ne fera que passer. En venant, il a rencontré des gens qui lui ont donné d’autres adresses de ferme autour d’Adélaïde et il a rendez-vous dans une usine de conserve de légume.
Cela correspond plus à ce qu’il cherche puisqu’il ne veut plus faire de picking (cueillette). Il cherche exclusivement du packing (empaquetage). D’après ses dires, c’est encore plus abrutissant, mais c’est beaucoup moins physique et souvent mieux payé. Il approche lui aussi de la trentaine et ne veut plus imposer de telles souffrances à son corps pour un salaire de misère !

Coup de chance pour lui, en repartant pour Adélaïde, son dernier covoiturage connaît une ferme qui engage… La ferme où nous étions allés deux semaines auparavant.

Fruitpicking à Loxton : changement de programme

Le vendredi, il nous rappelle pour nous dire de venir le rejoindre et que le patron veut nous faire commencer le lundi suivant. Nous y ferions de l’empaquetage payé à l’heure… Comme quoi, une rencontre sur le bord de la route peut changer un voyage !
Nos vieux corps souffrants sont enchantés de quitter Darrell (et ses chers citrons) pour retourner dans les Adélaïde Hills.
Le fruitpicking à Loxton c’est fini pour nous.

Je voudrais tout de même te dire à toi, lecteur, que, malgré que nous ne soyons pas restés, il nous a payé toutes nos heures sans tarder et nous a rempli le formulaire attestant nos jours pour le second visa.
Si tu aimes le fruitpicking, ou simplement si tu cherches à travailler dans le fruitpicking à Loxton entre le mois d’avril et de juin, va voir chez Jireh Citrus. Sa pancarte est sur la droite, à une dizaine de kilomètres sur la route qui va de Loxton à Berri. D’après notre expérience, c’est un patron à qui on peut faire confiance !

Fruitpicking à Mount Barker : Oui, mais…

Le lundi matin, nous nous présentons donc à la ferme. Seulement, il n’a pas vraiment besoin de nous cette semaine.
Il avait dit à Greg que oui, mais en fait non… Peut être la semaine prochaine, mais ce n’est pas encore certain.

Fruitpicking à Mount Barker :… Non

Donc finalement, on a quitté notre emploi pour rien.
Il nous reste 98 jours avant mes 31 ans, ça ne nous laisse que 14 jours de battement pour effectuer 84 jours de ferme…
Nous sommes donc lundi matin, on squatte le WiFi du Mac Donald en buvant un café pour chercher des plans dans le coin et essayer de contacter les adresses que Greg nous a données… Une deuxième année en Australie, ce n’est peut-être pas pour nous, tout compte fait…
Laisse-nous un commentaire pour nous aider à garder espoir…

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